Passer le BAFA : mon expérience et mes conseils

Pendant plusieurs mois, j’ai suivi les différentes étapes de la formation du BAFA (Brevet d’Aptitude aux Fonctions d’Animateur·rice). C’était super chouette et j’avais envie de vous en parler ici. Je passerais rapidement sur les détails techniques administratifs car vous trouverez sur le net toutes les réponses à vos questions (référez-vous surtout au site gouvernemental). Les organismes de formation peuvent aussi y répondre (pour en avoir contacté quelques-uns, ils sont plutôt sympas et ne mangent personne 👍).

Qu’est-ce que le BAFA ?

Le BAFA, c’est un diplôme non professionnel (c’est-à-dire qu’il vous permet de travailler de manière occasionnelle en tant qu’animateur mais pas d’en faire métier, même si la réalité est souvent différente), qui permet d’encadrer des mineur·es et de leur proposer des activités adaptées sur des temps de loisirs et de vacances (centres de loisirs, colonies de vacances…). La formation est accessible dès l’âge de 17 ans. Son pendant, c’est le BPJEPS (Brevet Professionnel de la Jeunesse, de l’Education Populaire et du Sport) qui, lui, permet d’exercer le métier d’animateur·rice  (comme son nom l’indique !).  Il existe aussi la formation au BAFD (Brevet d’Aptitude aux Fonctions de Directeur·rice) qui permet d’exercer les fonctions de directeur·rice et qui se passe après le BAFA si on le souhaite (dès l’âge de 21 ans).

Même si l’animation touche tous les publics et tous les âges, le BAFA prépare surtout à travailler auprès d’enfants et d’adolescent·es. D’ailleurs, les critères d’évaluation sont basés sur la capacité du stagiaire à assurer la sécurité des mineurs.

La formation se déroule en 3 étapes : une première dite formation générale puis une période de stage pratique d’une durée de 14 jours minimum et enfin une session d’approfondissement ou de qualification.

Comment se passe la formation ? Retour sur mon expérience

Première étape : la formation générale « théorique »

Qui dit « théorie » ne veut pas dire absence de pratique, au contraire ! Vous ne passerez pas les 8 jours de formation assis sur une chaise à écouter un∙e formateur∙trice parler (même si cela arrivera quelques fois !). En fonction des organismes, le fonctionnement peut-être différent mais globalement, l’idée est de vous mettre en action dès les premières heures de formation.

Tout se passe en groupe et le travail en équipe est absolument indispensable puisque vous aurez différentes missions, notamment celle de mettre en place et d’animer des activités. Pendant ma session, j’ai pu travailler avec 3 groupes différents, chacun responsable d’une « petite » activité par jour (entre 10 et 20 minutes : chant, starter, activité manuelle…), d’un « grand jeu » (d’une heure : expérimentation, cuisine, activité manuelle…) ainsi que de « responsabilités » (chaque jour : ménage, convivialité, mémoire de stage…). Ne vous fiez pas aux horaires indiqués sur votre convocation car vous les  dépasserez nécessairement (si votre session est aussi dense que la mienne !). J’ai moi-même passé entre 1 à 3 heures de plus chaque jour à bosser sur les activités à préparer et les responsabilités mais si vos groupes fonctionnent bien, les choses devraient se faire plus vite.

En effet, j’ai beaucoup apprécié cette première partie de formation mais ma plus grande difficulté a été celle que j’ai rencontré durant ma scolarité et mes études universitaires, à savoir, le travail de groupe ! Vous le savez surement, quand on travaille avec d’autres personnes, tout le monde ne prend pas avec sérieux les responsabilités qui lui incombe et il n’est pas rare qu’une partie du groupe seulement réalise le travail demandé à l’ensemble. C’est ce que j’ai vécu ! Cela n’a pas été facile malgré mes nombreuses tentatives de communication avec les personnes en question. Autant dire qu’il faut prendre son mal en patience, essayer un maximum de communiquer (certains peuvent être tout simplement timides et ne pas oser dire qu’ils n’y arrivent pas ou ont du mal à aller vers vous). Les échanges peuvent aussi être difficiles si vous êtes plus âgé·e que la plupart des stagiaires (beaucoup de jeunes de 17-18 ans réalisent leur formation à cette période de leur vie). Dans mon cas, certain·es restaient surtout « entre-eux » même si j’ai globalement eu des échanges avec tous et ai beaucoup apprécié la compagnie de certaines stagiaires de cet âge avec qui j’ai pu parler de véganisme et de charge mentale notamment !

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Sur le temps du midi, on joue aux cartes !

Mes tips :

  • Prévoir de ne faire que la formation toute la semaine (évitez de programmer des rendez-vous importants ou des soirées cette semaine là car elle sera déjà très prenante et demandera beaucoup d’énergie)
  • Communiquez avec les autres stagiaires (et les formateurs·trices bien entendu), surtout en cas de conflit/incompréhension : il faudra faire de même une fois en poste !
  • Travaillez en équipe : faites en sorte de partager les tâches à réaliser et n’hésitez pas à vous entraider (en stage et en poste, ce sera essentiel !)
  • Soyez critique mais pas dans le jugement : que ce soit envers vous même ou les autres
  • Prenez des notes/gardez une trace : le contenu de votre formation risque de partir rapidement dans les tréfonds de votre mémoire ! Notamment en ce qui concerne les « petits tips » des formateur·rices ou les obligations légales.

Deuxième étape : le(s) stage(s) pratique(s)

C’est une étape de la formation qui peut être un peu effrayante car il faut chercher (et trouver !) un stage (ce sera peut-être une des premières fois pour les plus jeunes d’entre-vous), puis exercer en tant qu’animateur·trice-stagiaire mais avec les même responsabilités qu’un titulaire du diplôme. C’est là où bien choisir son lieu de stage s’avère important car, même si vous avez les mêmes missions qu’un·e salarié·e, les autres animateurs·trices doivent vous apprendre le métier et vous former. Aussi, on se sent parfois plus vulnérable car en cours de formation et être entouré de collègues bienveillants·es est très important !

Personnellement, j’ai du réaliser cette étape en 2 fois car mon premier stage n’a duré que 8 jours sur les 14 minimum règlementaires pour valider la session. J’ai réalisé le premier dans une Maison Pour Tous-Maison des Jeunes et de la Culture (MPT-MJC) dans le cadre d’un accueil collectif de mineurs pendant des vacances scolaires. J’ai adoré ce stage et ai eu beaucoup de chance car je n’ai pas eu à chercher longtemps avant de le trouver et je suis tombée sur un animateur et une animatrice en or. Elle et il ont été à l’écoute, nous ont laissé beaucoup de liberté (nous étions 2 stagiaires BAFA) et nous ont véritablement accompagnées dans notre formation. J’en garde un très beau souvenir, j’ai beaucoup appris et j’ai même eu l’occasion d’y retourner à titre personnel. Ce qui est possible, puisque ce n’est ni un centre de loisirs ni une colo !

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Carte Pop-up réalisée lors de mon premier stage pratique

J’ai envie ici de développer un peu le fonctionnement particulier de l’accueil collectif de mineurs en MJC. Pour celles et ceux qui ne les connaitraient pas, les Maisons des Jeunes et de la Culture sont des associations d’éducation populaire régies par des fédérations (une nationale et des régionales). Elles ont bien sûr chacune leurs particularités mais elles portent toutes l’idée d’accueillir tout public sans discrimination et de permettre à chacun de pouvoir explorer et exploiter ses compétences et envies sans jugement et avec autonomie. Je connaissais les MJC mais pas leur fonctionnement concernant l’accueil collectif de mineurs et c’est pourquoi j’ai souhaité l’expérimenter. Evidemment, ce sera différent dans chaque structure, mais lors de mon stage, j’ai pu constater que les jeunes étaient assez libres et leurs envies écoutés  (par exemple, deux jeunes ont proposé  d’animer elles-mêmes une activité manuelle et cela a pu se faire). J’ai adoré le fonctionnement un peu « comme à la maison » où chacun·e s’approprie les lieux et va se servir un verre d’eau dans la cuisine s’il a soif sans demander la permission !

Pour mon second stage, j’ai souhaité être dans un cadre un peu plus « encadré » et classique et je l’ai réalisé dans un centre de loisirs. Au départ, j’espérais (et pensais !) pouvoir travailler dans un CLAP (Centre de Loisirs A Parité) accueillant des enfants ayant un handicap (la moitié de l’effectif). Or, j’ai mal compris ce qui m’a été communiqué et, je me suis retrouvée, un peu déçue au départ, dans un centre « classique ». Malgré tout, mon stage s’est très bien passé et je ne le regrette pas. Je postulerais sûrement un jour dans un CLAP car cela me tient à coeur, mais j’ai tout de même beaucoup appris dans ce centre. Tout d’abord, j’ai eu la chance de tomber sur un directeur compréhensif et bienveillant, lui-même passant son BAFD, une équipe plutôt accueillante et chouette et des enfants super à l’aise. Les animations que j’ai proposé ont vraiment bien plu aux enfants comme aux adultes et j’ai même pu faire pas mal de sorties, en prenant notamment le métro parisien (mon angoisse !). Cependant, j’ai tout de même eu du mal avec certaines remarques d’animateurs·rices que j’ai trouvé assez humiliantes (on parle alors de « violences douces » : je déteste ce terme !). J’ai eu du mal à me positionner quand je me suis retrouvée dans ces situations, d’autant qu’elles ont eu lieu devant d’autres enfants. Je sais désormais ce que je ne veux surtout pas reproduire ! En revanche, il me reste à trouver des solutions pour remédier à ce soucis que je rencontrerais surement à l’avenir.

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Carpe-Koï réalisé pour mon second stage pratique

Ce que j’adore dans l’animation, c’est la possibilité de transmettre des valeurs à travers des activités et dans les moments informels mais aussi d’avoir des moments pour échanger avec les jeunes des sujets qui les touchent. C’est aussi pourquoi il faut absolument que vous choisissiez un lieu de stage (et un employeur ensuite) dont le projets éducatif et pédagogique soient cohérents avec vos propres valeurs. Par exemple, certaines structures refusent d’adapter les repas en fonction des convictions (religieuses, politiques…) ce qui signifie que si vous êtes végéta*ien ou si l’un des jeunes l’ai ou ne mange pas tel aliment proscrit par sa religion, il n’y aura pas d’autre choix proposé ! Difficile dans ce cas de prôner des valeurs de vivre ensemble et de laïcité !

Mes tips :

  • Bien choisir la structure dans laquelle faire son stage et ne pas prendre le premier venu
  • Ne pas hésiter à rencontrer les animateurs·rices et/ou le directeur·rice au préalable du stage pour échanger et voir si vous êtes sur la même longueur d’onde
  • Ne pas hésiter à proposer des activités que vous avez envie de réaliser ou ses idées : si vous avez un doute, demandez conseil à vos collègues
  • Echanger en équipe, poser des questions et apprendre de la pratique des autres animateurs·rices
  • Remettre en question sa pratique
  • Admettre, être fier·ère et utiliser ses capacités et compétences
  • A la fin du (ou des) stage(s), notez les points positifs et négatifs de votre expérience, notamment ce que vous souhaitez améliorer mais aussi ce que vous avez bien voire très bien fait !

Troisième étape : l’approfondissement ou la qualification

Cette étape est également une session théorique. Elle consiste essentiellement à faire le bilan de votre (ou vos) stage(s) ainsi qu’à approfondir un sujet en particulier (jeunes en situation de handicap, petite enfance, activités manuelles…) ou à vous offrir l’opportunité de vous qualifier dans un domaine que vous maitriser déjà (surveillant·e de baignade pour les bon·nes nageur·ses, canoë-kayac…). La session d’approfondissement prends 6 jours contre 8 pour la qualification. Sachez que, lorsque je me suis renseignée pour la session d’approfondissement, il m’a été conseillé de choisir un thème avec lequel je n’étais pas à l’aise. Par exemple, ayant déjà travaillé avec des personnes présentant un handicap, je me suis plutôt orienté vers un autre thème. Sachez que le temps dédié au thème proposé ne représentera qu’un tiers du temps de la formation (soit 2 jours environ) et ne vous spécialisera pas tant que ça. Ce sera tout de même une bonne introduction !

Pour ma part, j’ai choisi de réaliser l’approfondissement, n’ayant pas de qualification recherchée dans les formations proposées. Après moultes hésitations, mon choix s’est porté sur les « problématique de l’adolescence ».

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L’origami, un classique !

Contrairement aux deux premières parties, j’ai peu apprécié cette session, que j’ai pourtant réalisé avec la même association que la première, mais pas dans le même département. Même si je savais qu’il y aurait beaucoup de redite par rapport à la première session, j’ai l’impression de n’avoir quasiment rien appris (ce qui est un peu dommage quand on lâche plusieurs centaines d’euros !). Le formateur principal (l’autre étant très occupé ailleurs) n’était à mon avis pas très formé et ne montrait pas vraiment l’exemple. Je vous passe les détails… Au niveau du contenu, nous avons par exemple passé 1/2 journée à réaliser une affiche quand, dans la première partie, j’en aurais fait 3 plus d’autres travaux. J’ai tout de même fait de chouettes rencontres et validé ma session !

Mes tips :

  • Ne pas hésitez à passer l’approfondissement avec le même organisme que la première session ou changer si vous avez été déçu la première fois
  • Choisir un thème d’approfondissement avec lequel vous n’êtes pas à l’aise ou que vous maîtrisez dans le cas de la qualification
  • Ne pas hésiter à évoquer les difficultés rencontrées lors de votre stage avec les formateurs et autres stagiaires

Pourquoi le BAFA ?

A mon sens, passer le BAFA simplement pour gagner de l’argent en trouvant facilement un poste d’animateur·rice est un mauvais choix. Pourquoi ? Essentiellement parce qu’être animateur·trice c’est être responsable de la sécurité physique et affective d’autrui : c’est une sacrée responsabilité ! Elle requiert une vigilance particulière et fatiguante (surtout si vous bossez 10 heures par jour) et une capacité à remettre en question sa pratique. Il ne s’agit pas de faire de la « garderie » en attendant le retour des parents. Aussi, la formation coûte chère, prends du temps et les postes d’anim’ sont peu voire très peu payé (surtout dans le cas des colos !). Je vous conseille donc de la réaliser si cela vous intéresse a minima, même si, lors de ma formation, des jeunes stagiaires ont avoué qu’elle leur avait beaucoup plu malgré leur motivation principale portée sur l’envie de se faire un peu d’argent. A vous de voir donc !

Personnellement, c’est mon envie de transmettre qui m’a poussé à passer la formation pour devenir animatrice. Il me paraissait essentiel d’avoir, au delà d’un diplôme, une formation riche et constructive. Aussi, je souhaitais avoir l’opportunité de m’amuser avec  des activités que j’aurais aimé faire étant enfant (ou adulte 😉).

Combien ça coûte ?

Sachez qu’il faudra payer les différentes sessions séparément et pas toutes en même temps. L’ensemble de la formation, si on ne compte pas le temps de travail souvent non rémunéré des stages, coûte environ entre 700 et 900 euros. Le prix sera plus élevé pour les sessions de qualifications que pour les approndissements (mais prends aussi plus de temps) et pour les formations en internat et demi-pension plutôt d’externat (mais franchement pas beaucoup plus !). En ce qui concerne le stage, il sera souvent non rémunéré (il faudra donc compter 14 jours de travail gratuit) mais il peut tout de même l’être ! Celle-ci pourra donc financer la suite de votre BAFA. Aussi, il est possible d’obtenir des aides mais surtout si vous avez moins de 25 ans. Tournez-vous vers votre mairie, les PIJ (Point Information Jeunesse), la CAF, votre  conseil régional, votre département, le site du Compte Personnel de Formation si vous avez déjà travaillé… Bref, renseignez-vous ! Personnellement, Pôle Emploi m’a signalé qu’ils ne finançaient plus la formation mais demandez quand même à votre conseiller·ère si vous y êtes inscrit car cela est peut-être différent en fonction de votre situation ou région.

 

Conclusion

J’imagine que si vous avez lu cet article, c’est que l’animation vous intéresse. Aussi, peut-être vous ai-je donné envie (ou pas !) de passer le BAFA. Si c’est le cas, je souhaite terminer cet article avec un dernier tips : faites attention à bien choisir votre organisme de formation. Certains sont politiquement engagé et d’autres pas, tout comme les lieux de stage. Consultez donc le projet éducatif, souvent présent sur le site internet de l’organisme, ou en le demandant directement. S’il n’est pas en accord avec vos valeurs, la formation pourra ne pas vous correspondre totalement ce qui serait tout de même dommage !

Si vous voulez aller plus loin, Marie, de la chaîne Youtube Antitésie, parle souvent d’animation avec pertinence (enfin je trouve 🙂). Elle a aussi créé un groupe Facebook à propos de l’animation anti-agiste et bienveillante.

 

J’espère que la lecture de cet article n’a pas été trop longue. Je vous remercie d’être arrivé jusque là ! Est-ce que ce thème vous intéresse ? Avez-vous passé le BAFA ou souhaitez vous le passer ? Je serais ravie de discuter avec vous de ce sujet en commentaires 😊

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