Jardinage d’intérieur, écologie et petit budget

Voilà environ 2 ans que je me suis prise de passion pour les plantes. En apprendre plus sur elles et m’en occuper me procure satisfaction et apaisement. Elles sont aussi très décoratives ! Cependant, comme toute passion, on peut vite dépenser beaucoup (surtout quand la frénésie nous gagne et qu’on souhaite en acquérir davantage) mais il s’agit aussi d’un luxe peu voire pas écologique. J’essaye depuis de trouver des solutions : au niveau financier, même si je suis déjà peu dépensière, et au niveau écologique car je trouve qu’abîmer la nature parce qu’on l’aime c’est un peu paradoxal !

C’est un peu comme les animaux dit « de compagnie » : on les aime donc on en achète et on leur demande de s’adapter à notre propre mode de vie. C’est un peu paradoxal non ? Si dans ce cas mon compromis est tout trouvé : adopter des animaux en détresse plutôt que de provoquer de nouvelles naissances en allant chez un éleveur·euse ou une animalerie (😱) et leur proposer une meilleure vie, la plus adaptée à leurs besoins.

Comment faire pour ce qui est des plantes ? Je n’ai pas encore LA solution mais quelques « tips » que j’applique. Je vous propose les miens mais si vous en avez d’autres je suis super preneuse ! Vous l’aurez peut-être compris, on parlera de plantes d’intérieur et pas de potager (bien que certains conseils puissent tout de même s’appliquer !). Vous trouverez mes sources à la fin de l’article, sachant que j’ai beaucoup utilisé le podcast A fleur de pot créé par Aurélia.

L’acquisition de plantes

Il peut être logique de penser que les plantes d’intérieur sont écologiques (on dit souvent qu’elles sont « purifiantes » ce qui ne serait pas tout à fait exact). Or, comme nos fruits et légumes, leur production est source de pollution (dépense énergétique, pesticides, engrais aux composants nocifs, transport…). D’autant plus ces derniers temps où les plantes sont « tendances » et où les amoureux·ses des plantes sont de plus en plus nombreux·ses !

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Un de mes rares achats plante chez What The Flower, une petite boutique parisienne

Pour ma part, je vous en avais déjà parlé, je suis adepte de l’échange, des dons et de la récupération de boutures voire de plantes entières. Je sais que certaines personnes apprécient avoir des plantes entières et bien fournies dès le départ. Pour ma part, je trouve qu’il est très satisfaisant de démarrer avec de petites plantes à l’état de bouture car cela permet de les voir grandir. D’ailleurs, lors de mes rares achats, il m’est arrivé de ne pas passer à la caisse car la variété qui m’intéressait était trop grande pour moi. Le plaisir de les voir grandir, surtout quand je sais par avance qu’elles vont multiplier leur taille, c’est ce qui me fait adopter des plantes ! Le soucis c’est que du coup j’ai l’impression d’avoir plus de place pour elles ce qui ne sera sûrement plus le cas dans quelques années 😅 Avoir des plantes qui ont déjà une histoire (par exemple un morceau de celle de sa grand-mère, d’un ami, d’une plante qui a déjà plusieurs dizaines d’années…) c’est assez magique !

Il existe des groupes Facebook dédiés à l’échange de plantes et boutures dans toute la France (et surement dans pleins d’autres pays 😉), que ce soit pour des remises en mains propres ou en envoi postal. Vous devriez y trouver votre bonheur. Aussi, vous si n’êtes pas très réseaux sociaux, il existe des journées de trocs de graines et plantes organisées par des associations ou des communes. Laura du compte Instagram Le jardin de Laura organise depuis l’an dernier des « apéro boutures », une belle idée à piquer sans modération !

Il existe tout de même quelques adresses de producteur·rices français·es éco-responsables (cette liste sera mise à jour régulièrement, n’hésitez pas à partager vos bonnes adresses en commentaires !) :

  • Désordre végétal : boutique familiale, productrice de plantes sans produits chimiques et fabriquées à Marseille, en ligne uniquement
  • Noé bouture : petite boutique française productrice de boutures et de plantes, production de sphaigne, en ligne uniquement
  • Eukalypte : boutique vendant quelques plantes produites en France, sur Paris et en ligne

N’oubliez pas également de poser des questions aux petites boutiques (en ligne ou en magasin). Si leur démarche n’est pas raisonnée, le fait de montrer son intérêt pour le jardinage responsable pourra avoir un impact sur le choix des fournisseur·ses de la boutique.

 

Le substrat

Pour le moment, je ne suis pas très satisfaite des substrats que je trouve autour de chez moi, essentiellement parce que la plupart contient des matières animales (corne, sang…) mais aussi parce qu’ils ne sont pas toujours de bonne qualité (morceaux de bois non décomposés, mouches de terreau…). La provenance des produits et le lieu de fabrication du terreau (ou autre type de substrat) est complètement opaque. Il est donc difficile de privilégier un choix éthique puisqu’il semble n’exister aucune alternative (vous la sentez ma frustration ? 😅).

Habitant en appartement, je privilégie de petits sacs de terreau (même s’ils sont plus chers), ce qui m’évite de jeter un très grand sac si celui-ci est infesté de sciarides (les fameuses mouches de terreau), ce qui m’est arrivé plusieurs fois depuis l’an dernier.

Afin d’offrir à mes plantes un substrat le plus adapté possible à leurs besoins, je réalise moi-même mes mélanges. Je pars d’un terreau pour plantes d’intérieur (ou universel) puis j’ajoute en fonction des plantes du sable, de la perlite, de la terre de bruyère etc. J’essaye également de faire un inventaire des besoins de toutes mes plantes afin d’acheter des ingrédients qui conviendront à la majorité d’entre-elles (par exemple, si j’ai plusieurs plantes qui apprécient la perlite et qu’une autre a besoin de perlite ou de sable, je vais favoriser l’achat de la perlite plutôt que du sable pour une seule plante). Cela permets de réaliser des économies de place et d’argent.

Il est également possible de mutualiser l’achat de gros sacs ou de demander à votre entourage de vous donner/vendre une petite quantité d’un terreau en particulier : c’est ce que j’ai fait l’an dernier avec la terre de bruyère qui est souvent vendue en très gros sac alors que je n’en avais besoin que pour une plante.

Ecologiquement parlant, il faudrait éviter :

  • La tourbe qu’elle soit brune ou blonde (qu’on trouve malheureusement dans beaucoup de terreaux et qui est souvent inutile voire néfaste aux plantes car trop acide) : elle est prélevée dans la nature alors que les tourbières sont en voie de disparition et mettent plusieurs milliers d’années à se renouveler
  • La sphaigne : la plupart du temps récoltée dans la nature (elle se trouve au dessus de la tourbe)
  • La fibre de coco : les cocotiers ont une vitesse de pousse lente et la coco est très demandée actuellement (depuis plusieurs années, elle subit un véritable engouement que ce soit en cuisine, en cosmétique et dans une moindre mesure en jardinerie). La coco est aussi produite loin de l’Europe, dans des conditions opaques (travailleurs peu payés, récolte par des singes…).

 

Le matériel

Comme dit plus haut, je suis une adepte de récupération. Je sais que ce n’est pas le cas de tous et toutes car on a parfois des apriori sur les objets d’occasion (ils seraient sales, moches, cassés ou en mauvais état…) mais croyez-moi, si vous pouvez avoir de mauvaises surprises (comme dans le neuf !), la plupart du temps tout se passe bien. Cela évite de dépenser beaucoup dans le neuf, c’est plus écologique (car l’objet récupéré n’a pas fini à la poubelle et il n’y a pas eu d’énergie supplémentaire utilisée pour la création d’un nouvel objet) et c’est parfois plus pratique.

De cette façon, j’ai acheté des pots en terre cuite (ceux-ci nécessitent une cuisson à très haute température donc son impact écologique n’est pas nul !) chez Emmaüs pour trois fois rien. Même s’ils ne correspondaient pas à la taille dont j’avais besoin, je savais qu’ils allaient me servir à un moment donné. Ce n’est en général pas au moment où j’en ai besoin que je les trouve ! Pensez aussi à regarder dans vos rues lors du jour de la relève des encombrants et lors de brocantes.

Si passer du temps à chercher un joli arrosoir en ressourcerie ou sur le net peut être long (observez le mien en laiton qui est sublime 😍), il est possible de détourner ce qui se trouve déjà chez soi. On n’y pense pas forcément (moi la première !) mais cela peut-être encore plus joli qu’un objet neuf parfois pas hyper classe. Par exemple, ce que je récupère :

  • Vaporisateur : j’utilise un ancien vaporisateur d’eau florale pour vaporiser mes plantes
  • Pot à bouture : j’utilise des jolies tasses ou des bocaux alimentaires
  • Pot à semis/bulbes/tubercules : pour réveiller mes tubercules de caladium j’ai utilisé de grands pots transparents de yaourt (pratique pour voir les racines !) que j’ai percé
  • Soliflore/bouturage : j’aime beaucoup garder les jolies bouteilles en verre de certaines boissons même si le goulot est parfois un peu petit !
  • Tuteurs : gardez les tuteurs vendus avec vos plantes, utilisez des morceaux de bambou séché, des baguettes chinoises ou des pics à brochettes ou barbe à papa par exemple, mais aussi gardez vos morceaux de rubans ou de fil de fer recouverts de plastique souvent utilisés pour fermer les emballages alimentaires ou certains objets neufs pour accrocher vos plantes au tuteur
  • Arrosoir : une bouteille en verre conviendra à l’arrosage des grosses plantes
  • Soucoupe : pour les pots dont je n’ai pas de soucoupe, j’utilise des couvercles de pots en verre retournés ou des ramequins
  • Cache-pot trop grand : j’utilise également des couvercles de pots alimentaires en verre retournés dans mon cache-pot pour « réhausser » mes plantes
  • Maintenir les feuilles de boutures hors de l’eau : vous pouvez créer de jolies « bobèches » à partir d’argile durcissante si vous en avez à la maison pour vos travaux manuels. Marion de la chaîne YT Marion Botanical a fait un super tutoriel !
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Bobèches pour les boutures

Aussi, pensez à demander à vos proches s’ils et elles n’ont pas ce que vous cherchez. On n’a pas toujours le réflexe de proposer ce dont on se débarrasse et on ne sait pas toujours ce dont notre entourage à besoin. Cela peut aussi être un prêt en attendant de trouver son propre objet !

Concernant les lampes horticoles et autres tapis chauffants ou humidificateurs, je m’en passe pour le moment mais je comprends que cela puisse être intéressant pour bien s’occuper de nos protégées. Malheureusement, ces appareils consomment de l’électricité et sont polluants à la fabrication. S’il n’existe pas d’alternatives, essayer de trouver ces accessoires d’occasion et les faire fonctionner que si nécessaire me paraît être un bon compromis. Par exemple, l’été, y a t-il vraiment besoin des lampes plusieurs heures par jours ? Est-ce qu’une serre ne pourrait pas remplacer le tapis chauffant ? Se limiter aux réels besoins ainsi que limiter parallèlement notre consommation (éteindre les appareils en veille, nettoyer son réfrigérateur et congélateur qui consomment davantage avec du givre etc…) est une option intéressante, non ?

Egalement, avant de se lancer dans des achats comme ceux-là ou dans des plus petits accessoires (type testeur d’humidité, brumisateur…), faire un petit comparatif sur internet des prix, de la qualité et des témoignages permet parfois de ne pas avoir de mauvaise surprise. En effet, acheter un objet à bas prix ou parce qu’il est à la mode semble tentant mais honnêtement j’ai évité d’inutiles dépenses en prenant le temps de la réflexion. Egalement, si vous avez 3 plantes à la maison qui sont peu exigeantes, il n’est peut-être pas indispensable d’investir beaucoup pour elles.

 

Les soins

L’arrosage

Niveau arrosage, les plantes peuvent consommer beaucoup d’eau, surtout si elles sont nombreuses à la maison et en particulier au printemps et en été. Certaines plantes ne supportent pas l’eau calcaire présente dans beaucoup de régions. S’il peut être envisagé d’arroser ses plantes à l’eau de bouteille, cela peut revenir rapidement onéreux et très peu écologique (plastique, énergie dépensée pour les fabriquer et les déplacer…). Bien entendu, une des possibilités c’est de privilégier les plantes qui supportent l’eau calcaire ou alors il existe différentes possibilités :

  • Récupérer l’eau de pluie : c’est ma solution préférée (gratuite, sans calcaire, plus adaptée aux plantes) mais elle n’est bien entendu pas toujours accessible et quand c’est le cas il faut qu’il pleuve régulièrement ! Cela nécessite un espace extérieur individuel ou commun où y déposer un seau ou un récupérateur d’eau. Si vous pouvez en obtenir, n’oubliez pas de la rentrer en intérieur lorsqu’il fait froid ou frais dehors afin qu’elle prenne la température ambiante et éviter un choc thermique pour vos plantes quand vous les arroserez
  • L’eau du robinet : si vous avez beaucoup de (grandes) plantes à arroser cette option peut s’avérer un peu coûteuse. Si l’eau est calcaire, il est possible de se munir de perles en céramique qui en éliminerait une partie, à condition de les laisser un petit moment dans l’eau. Je n’ai pas encore testée cette solution mais je remarque que certaines plantes vont mieux depuis que j’utilise de l’eau de pluie plutôt que l’eau du robinet.

Pour réduire l’arrosage, voici quelques autres astuces :

  • Récupérer l’eau froide de la douche (celle qui arrive avant l’eau chaude)
  • Utiliser des Oyas : elles permettent à la plante de prendre ce dont elle a besoin et met plus de temps avant d’absorber l’eau
  • Les pots à réserve d’eau : ils coûtent en général plutôt cher (surtout ceux en terre cuite) mais pour les plantes qui ont de grands besoins en eau cela peut être intéressant
L’engrais

Concernant l’engrais, je suis loin d’être une spécialiste et je ne me prends pas trop de chou : j’évite au maximum de multiplier les types d’engrais, même si j’en teste actuellement plusieurs. En effet, j’ai appris, grâce au podcast A fleur de pot, que les engrais en bâtonnets étaient meilleurs pour les plantes qu’en version liquide (en billes jaunes également mais je n’en ai jamais vu personnellement). Malheureusement, il y en a peu qui sont 100% végétal (ou du moins sans matière animale) mais cet année j’ai pu découvrir une marque qui en avait sorti un mais je ne l’ai pas encore testé.

Mon inquiétude concernant les engrais c’est l’opacité de leur composition et de leurs conditions de fabrication. J’ai tendance à penser que lorsque rien (ou peu) n’est écrit sur l’étiquette, c’est mauvais signe ! L’eau s’évapore de nos plantes et nous respirons donc l’engrais en partie rejetée. Aussi, nous sommes amené à mettre les mains dedans (ou plutôt dans le terreau) et je me demande quel impact sur notre santé cela peut-il bien avoir.

Il existe cependant différents types d’engrais faits maison. On peut difficilement mesurer avec précision leurs bienfaits et je ne suis pas certaine qu’ils remplacent véritablement les engrais industriels. Je serais heureuse d’apprendre le contraire ! En attendant, il n’est pas inutile de les utiliser (par exemple une fois sur deux, en complément ou si vous manquez d’engrais, par exemple en cette période de confinement !). Voici quelques unes de mes trouvailles :

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« Engrais » de peau de banane en cours

J’aurais aussi ici pu vous parler des astuces contre les nuisibles mais je n’ai que peu d’expérience et de connaissances. Sachez tout de même qu’il existe de nombreuses techniques naturelles pour lutter contre les invasions de mini bébêtes et autres champignons. Cela fera peut-être un jour l’objet d’un nouvel article 😉 En attendant, Cindy de la boutique Désordre Végétal donne 2 recettes dans son interview avec A fleur de Pot (le podcast).

 

Décoration

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Suspension d’après le DIY du blog Black Leaf

Niveau décoration, j’ai utilisé du simple fil de cuisson de cuisine pour réaliser une mini suspension et le DIY du blog Black Leaf d’Agnès. Bien entendu, vous pouvez utiliser un autre type de fil que vous avez chez vous mais il faut d’abord s’assurer de sa résistance histoire que votre plante ne finisse pas par terre.

Même si je privilégie les pots en terre cuite, il m’arrive d’utiliser d’autres contenants comme cache-pot pour mes pots en plastiques comme des tasses.

Egalement, pour profiter d’une jolie grue en origami en papier qui m’a été offerte, je l’ai tout simplement « emboîtée » sur un vieux pic à brochette qui datait et mis dans un pot. Vous pouvez réutiliser cette astuce pour d’autres décorations !

 

Pour aller plus loin ou consulter mes sources :

 

Si le sujet vous intéresse, sachez que mes publications liées au jardinage sont regroupées dans la catégorie « jardiner » du blog.

Si vous avez d’autres astuces, n’hésitez pas à les partager en commentaires 😉

 

4 commentaires sur « Jardinage d’intérieur, écologie et petit budget »

  1. Que de bons conseils !!! Je le garde précieusement cet article, merci beaucoup 🙂
    Anne / Le chien à taches

    J'aime

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